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Lettre à Hassan Nasrallah pour l’élection de Mansour Labaky à la Présidence de la République libanaise

Sayyed Hassan Nasrallah

A Son Eminence Cheikh Sayyed Hassan Nasrallah, Secrétaire Général du Hezbollah, Liban

Jeudi 18 octobre 2007.

Monseigneur,

C’est avec un sentiment d’urgence que je vous adresse la présente.

Je ne doute pas que notre ami Cheikh Mohammad ne vous ait rendu compte de la teneur des documents qui lui ont été transmis il y a quelque temps concernant l’affaire Joseph Ferrayé, du nom de cet inventeur libanais, qui permit d’éviter en 1991, par l’application, du reste frauduleuse, de ses systèmes d’extinction et de blocage des puits de pétrole au Koweït, une catastrophe écologique planétaire. Si les détails et les enjeux de cette affaire ne regardaient pas d’aussi près les intérêts et les responsabilités politiques actuels des Libanais, j’aurais attendu que l’élection présidentielle fût passée pour la soumettre à vos regards. Mais quelle ne serait pas notre faute, si dans les circonstances menaçantes qu’affrontent le pays, nous remettions à nous saisir, une fois qu’il n’est plus temps, du seul moyen qui s’offre à nous d’y remédier et qui consiste en cette arme divine qu’est l’affaire Ferrayé ! Puisqu’il est vrai qu’elle est appelée, selon la prophétie du feu père Antoun Tarabey al-Tannoury, en qui, comme on s’assure, l’histoire reconnaîtra un jour l’un des grands saints du Liban, à devenir par la restitution de ses droits à Joseph Ferrayé, l’occasion de la paix ici-bas, nonobstant la carrière infernale qu’en ont faite par leur cupidité ses impies adversaires.

La première chose qui ressort du dossier, c’est que ceux-ci, qui conspiraient hier, dans le plus grand secret, pour capter les centaines de milliards de dollars issus de l’utilisation et de la vente frauduleuses des systèmes, s’en sont aidés depuis lors pour occuper toutes les places et les instances de pouvoir où, sous le dehors convenu de leurs désaccords, la même ambition les unit, de gouverner le monde par le vice, avec une propension sans frein au sionisme comme au signe avant-coureur mais illusoire du triomphe de leur orgueil sur la Providence, tant il est vrai que reconnaître aux Juifs un Etat, c’est dénier à Dieu la Justice qu’Il fit voir en le leur enlevant – à preuve qu’aucun chrétien, à ce qu’on sache, n’a jamais au 1er siècle ni réclamé contre Titus ni même pleuré la destruction du Temple – pour qu’ils vinssent à expier jusqu’à complète résipiscence le crime affreux qu’ils commirent en rejetant Jésus-Christ, que tant de grâces et de prophéties les préparaient à recevoir et que le monde, pour son salut, attendait qu’ils leur offrissent. Que leur puissance restaurée suppose à nouveau le rejet du Très-Haut et l’abjecte prétention de rendre, dans les faits, Sa Justice sans portée, c’est ce qu’on n’aurait jamais reconnu sans un signe tangible et frappant, que les Palestiniens et les Libanais, dans leurs peines et leur martyre et leur résistance héroïque, reçurent à l’instar du Messie rebuté, mort et ressuscité, la mission d’incarner.

C’est à ce mystère, à la fois dur et joyeux que l’affaire Ferrayé, par les clartés qu’elle dispense, donne une plus large et plus forte évidence. Nul autre critère que le sien, ni confessionnel, ni politique, ni stratégique, ne permet une plus juste appréciation des fins et des enjeux authentiques, derrière la fumée des conflits qui secouent la terre. Rien n’est propre comme elle à traduire par les faits le message de Jésus qui scellait en 2004 ses révélations privées à Myrna Nazzour, la mystique de Damas :

« Mon dernier commandement pour vous : Retournez chacun chez soi, mais portez l’Orient dans vos coeurs. D’ici a jailli à nouveau une lumière, dont vous êtes le rayonnement pour un monde séduit par le matérialisme, la sensualité et la célébrité au point qu’il en a presque perdu les valeurs. Quant à vous, préservez votre authenticité orientale. Ne permettez pas que l’on vous aliène votre volonté, votre liberté et votre foi dans cet Orient. » (Jésus-Christ à Myrna Nazzour, 10 avril 2004.)

L’esprit proprement embrasé par la grâce de ces mots, le directeur spirituel de Myrna, Elias Zahlawi (Zahlaoui), ne put plus se tenir à l’été 2006, en réponse aux frappes blasphématoires d’Israël, de se répandre sur la place publique en un fleuve impétueux d’exhortations et de louanges à la gloire du Hezbollah. S’il ne suffit pas à tous d’écouter ce message, pour embrasser d’un coup l’attitude de ce prêtre, un examen même léger de l’affaire Ferrayé suppléera ce qui manque aux bonnes âmes d’intelligence pour ce faire.

En effet, à peine s’y est-on initié, qu’il paraît que les quatre puissances les plus empressées à remplir sur la scène libanaise un rôle primordial – à savoir la France, les Etats-Unis, la Suisse et l’Arabie saoudite (voyez où se rendent les leaders politiques…) –, sont celles-là – toujours aux mains des mêmes criminels – qui se sont rendues la cause du plus grand crime humanitaire de l’histoire en escroquant au peuple irakien 100 milliards de dollars, sans omettre au surplus de voler et blanchir plusieurs autres centaines dans le réseau financier d’Al Qaïda, pourvoyant ainsi aux opérations terroristes menées contre leurs propres peuples et qui, pour combler la mesure, servirent de prétexte à l’invasion cruelle de l’Irak.

Partant, comment attacher la moindre foi, je n’ose pas dire à la protection vénéneuse d’un George W. Bush, mais à la simple médiation d’un Kouchner, qui, sous ce même gouvernement qui complotait, il y a 16 ans, au domicile de l’ambassadeur Jean Bressot, la ruine du peuple irakien, simulait pour sa part, avec des raffinements d’hypocrisie, ses devoirs de secrétaire d’Etat pour l’action humanitaire ? Comment offrir une prise sur nos âmes, sur nos vies, sur nos intérêts et nos destinées nationales, plus, sur la sainte vocation de notre patrie, aux administrateurs de l’iniquité, aux bourreaux non point d’un peuple isolé, mais de toute l’humanité, aux entrepreneurs universels du crime et de l’horreur ? « Quel rapport y a-t-il, demande saint Paul, entre la justice et l’iniquité ? ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? » Et d’affirmer, péremptoirement : « Ne formez pas d’attelage boiteux avec les infidèles. » (2 Cor 6 ; 14-16.) Parole ô combien catholique, ô combien islamique, abrégé doctrinal de la Résistance, qui fonde la vocation inaliénable du Liban ! Quels que soient les torts des uns et des autres, car nul n’en est indemne, « ne nous trompons pas d’ennemis » comme me le répète souvent Joseph, ne nous laissons pas prendre aux diversions du Malin. Nous assiège-t-il de moustiques, quelque fâcheux et nuisibles qu’ils nous semblent, ou qu’ils soient en effet, n’ayons garde de leur faire une chasse effrénée, qui nous aille faire rouler sous les pattes d’un mammouth !

Plus personne au Liban ne devrait ignorer qui est impliqué dans l’affaire Ferrayé, quels sont ces criminels (les Bush, les Rumsfeld, les Strauss-Kahn, les Chirac, les Bandar…) qui bâtissent leur fortune dans les ossuaires, qui pour blanchir des fonds secrets, financent le terrorisme, de quoi, pour se dédommager des intérêts qu’ils lui cèdent, ils font une occasion de plus à leur insatiable avarice, de spéculer d’abord sur ses suites prévisibles, de profiter ensuite, à la faveur des représailles, de contrats peu scrupuleux du marché de la guerre.

Cela dit, la deuxième chose à considérer dans l’affaire, et qui dément en partie la première, c’est que le pouvoir établi des méchants, ne leur vient pas tant, comme il paraissait, du transport sauvage de leur ambition, que de l’espoir immature, de la foi téméraire que les bons et les justes persistent à y mettre. En vain a-t-on pensé que tel ou tel avocat impie, que tel ou tel politique endurci, que tel ou tel aventurier habile aiderait Joseph ou par convoitise ou par point d’orgueil à régler son affaire : l’expérience a montré qu’en Dieu seul était son salut, son refuge assuré, le rocher de sa force ; qu’autant il est heureux qui s’appuie sur Lui, autant il est à plaindre qui se confie en eux. « Ne comptez pas sur les puissants, dit le Psalmiste, des fils d’homme qui ne peuvent sauver ! Leur souffle s’en va : ils retournent à la terre ; et ce jour-là, périssent leurs projets. » (Ps 145.) « Oui, vanité, les fils de l’homme ! Mensonge, les fils de l’homme ! Dans une balance ils monteraient tous ensemble, plus légers qu’un souffle. » (Ps 62.) De fait, il convient d’observer, que l’unique barrière qui a sauvé Joseph de la fin abjecte ou violente qui semble à tous les coups frapper les acteurs de cette histoire, réside dans l’humble obéissance qu’il n’a jamais omis de faire, si mince qu’en fût l’intérêt immédiat, aux commandements et aux signes de son Créateur. Et c’est encore cette douce obéissance qui l’amène aujourd’hui à mettre son affaire en votre main puissante, comme le dernier levier capable de jeter bas les ennemis du Liban.

De quelle façon devra-t-on s’y pendre ? Eh ! ma foi, c’est simple : En poussant à ses dernières exigences, à ses dernières conséquences, la doctrine islamique de la Résistance, en portant aussi haut notre foi en Dieu, que nos ennemis la veulent mettre bas, en travaillant à nous unir avec autant d’ardeur qu’ils mettent à nous diviser, en planifiant comme un seul homme nos assauts, de même que comme un seul homme ils ourdissent leurs traquenards, en passant outre à nos timidités et nos complexes confessionnels d’un même élan qu’ils passent outre à toute pudeur et tout scrupule, en voulant notre Dieu aussi libre, aussi fort parmi nous, qu’ils nous veulent esclaves de leur dictature païenne, en construisant en somme, dans une communion totale de nos énergies, une COALITION des amis de Dieu !

« Si Dieu l’avait voulu, dit le Coran, Il aurait fait de nous tous une seule communauté », mais que serait-il advenu de notre foi, soit chrétienne ou musulmane, si le triomphe universel de notre religion nous était devenu, faute d’émules et de critiques, un sujet d’orgueil et de molle suffisance, une manière d’idole, en lieu et place de Dieu, où nos cœurs et nos esprits se seraient plu à n’admirer que leur propre génie ? Nous serions-nous trouvés dans un état bien différent de celui de ce monde adverse dont parlait Jésus, uniformément « séduit par le matérialisme, la sensualité et la célébrité » (Message à Myrna) ? C’est pourquoi, dit le Coran, « par le don qu’Il nous a fait, Il a voulu nous éprouver » (S. 5, V. 48), non point pour attiser superbement nos jalousies mutuelles, mais pour instruire nos cœurs envieux, que puisque à Lui seul appartiennent le règne et la gloire éternels, nous n’avons d’autre voie pour y concourir que l’étroit sentier de l’humilité.

Heureux êtes-vous, Monseigneur, qui avez fait de cette vertu la couronne de vos oeuvres, qui, comme d’un voile de pudeur, en avez habillé vos brillants talents, afin qu’ils témoignassent plus éloquemment de quelles Mains ils proviennent ; car quelle autre était plus nécessaire pour rassembler la nation, quelle autre lui donnerait à voir avec un tel contraste le vrai danger qui la guette, et quelle autre encore vous eût tant mérité, ce que l’histoire a prouvé, la prédilection de la Vierge ? Et si grande est en effet la ressemblance de votre cœur béni au cœur immaculé de Marie, que le jour venu de son assomption dans le ciel, par la Victoire Divine elle met le comble à votre nom [Nasr’Allah = Victoire de Dieu] et l’emporte avec elle, dans un glorieux halo, comme en vue d’en sertir son diadème étoilé. Grand est le mystère où Dieu vous conjoint, pour qu’elle soit votre Reine et vous son champion !

Mais cette humilité, qu’est-ce, sinon comme dit saint Paul, l’orgueil mis en Dieu, l’hospitalité d’une âme qui se connaît faible et bornée, pour la puissance et la miséricorde infinies de Dieu ? Si tel est le principe du céleste éclat qui pare tous vos dons, comme des fruits salutaires de vos entreprises, je ne veux pas d’autre outil pour choisir nos amis. N’importe leurs opinons, en fait de politique ou de religion, pourvu qu’ils soient en cette disposition, quelque scène où se jouent leurs personnages, de recevoir, de chérir, de magnifier de tout leur être, l’Esprit Saint qui souffle où bon lui semble et mène où nul ne sait, qui s’abattant en particulier sur l’affaire Ferrayé, a soulevé, sous les rafales de Sa Justice, les masques hypocrites des bêtes carnassières qui dévorent le monde. Heureux celui qui voit et ne ferme pas les yeux, car vous l’appellerez votre ami.

Pour faire éclater le scandale, et noyer de preuves ces scélérats, il est donc besoin d’une Coalition, qui prête à celles-là de la force et du crédit, et répande en ceux-ci une heureuse épouvante. Or, sans un Président de la République à même de la soutenir, je crains bien qu’on n’en impute le projet au désir vindicatif que nous aurions de déstabiliser un gouvernement légitime. D’où il suit qu’à l’égard d’un plan de stabilisation et de sanctuarisation du Liban, même fondé dans l’exploitation politique de l’affaire Ferrayé, il reste impératif de mettre la Présidence à l’abri des influences nocives des instances mondiales du Crime Organisé (Entité sioniste, Bilderberg Group, Trilatérale, Franc-Maçonnerie, etc.) qui se sont étendues et renforcées comme jamais à la faveur de l’affaire.

Dans cette vue, ne serait-il pas convenable de faire valoir, à l’égard des conditions de la présente élection, les mêmes règles morales qui présidèrent à la vôtre en tant que Secrétaire Général du Hezbollah et grâce auxquelles vos compagnons firent abonder sur vous et sur eux-mêmes les bénédictions du Seigneur ? Quelle plus digne soumission feriez-vous à Son Sceptre, après vous être plié, sans les avoir convoitées et d’un cœur lourd, à vos fonctions de chef, sinon en choisissant pour la Présidence un homme à votre image, qui saura d’autant mieux exercer son pouvoir, qu’il ne l’aura pas recherché, et le consacrer aux desseins de Dieu, qu’il s’en rappellera l’origine ? Pourquoi le Commandant Massoud fut-il un chef honoré ? Pour ne l’avoir été que par obéissance à Dieu, sans en briguer l’honneur, ni l’honneur acquis y prendre goût. Croit-on que la puissance lui fît jamais oublier l’humble espérance qu’il avait formée, de retourner, la guerre finie, à la vie civile ou comme instituteur de village, lui dont la vie tout entière était une école d’héroïsme, ou comme architecte du bâtiment, cependant qu’entre ses mains se reformait une nation ? Mais l’on dira qu’il n’est pas arrivé à ses fins, sans le concours après sa mort d’une armée de Démons. L’apparent échec de sa lutte rendrait-il inutile sa vertu ? Jetons ailleurs nos regards. Fut-il jamais plus grand pontife et plus heureux, que saint Grégoire le Grand, qui conquit à l’Eglise son indépendance, fixa la forme de sa liturgie, et soumit l’Angleterre à son doux empire ? Pourtant il lui en coûta si fort d’être élu pour pape, que se dérobant aux suffrages des Romains, il prit la fuite dans un tonneau. Il fallut à la fin qu’une colonne d’anges, surplombant sa cachette dans les bois, le signalât au peuple lancé à ses trousses, pour que celui-ci, n’écoutant que son coeur, le traînât de force jusqu’au siège papal. Quelle différence abyssale de cette humilité virile et généreuse à l’ambition fébrile, égoïste, présomptueuse qui règne sans partage sur le monde politique ! Tandis qu’alternent les récitals, en vain y cherche-t-on une note discordante avec les accents infernaux d’Adolf Hitler : « L’homme né pour [gouverner] ne l’est pas à son corps défendant, disait-il. C’est lui qui en a la volonté. Il n’est pas poussé en avant. C’est lui qui se pousse. Rien de contraire à la modestie en cela… Celui qui se sent appelé à gouverner un peuple n’a pas le droit de dire : Si vous me voulez ou si vous me convoquez, je collaborerai. Non ! Son devoir, c’est de se mettre en avant. » (Procès de Munich, Der Hitler Procezz.) Fatal aveuglement, qui prétend encore éclairer le monde !

Une autre faute, certes, et non moins catastrophique, vous l’avez noté, qu’un président allié des Américains, serait d’élire un candidat sur une piètre résignation des parties en lice à leur dénominateur commun le plus bas, ce qui rendrait plus que jamais boiteux, pour reprendre l’image paulinienne, l’attelage de la présidence. On ne transige pas sur le salut de la Nation : on la sauve !

Voilà donc qui nous a poussés Anis et moi-même à sonder le Vicaire épiscopal du diocèse de Beyrouth, Monseigneur Mansour Labaky, qu’il n’est pas plus besoin que je vous présente qu’Ahmed Shah Massoud, sur tout ce qui regarde l’objet de cette lettre, dans l’idée de vous encourager, si aucun obstacle ne s’y opposait, à proposer publiquement un consensus électoral sur son nom, comme une initiative que vous auriez prise sous la seule inspiration du Très-Haut, ainsi qu’elle le fut certainement envers vous, à de multiples fois au long de votre vie, par des personnes à qui le Ciel avait donné de reconnaître, quand votre humilité vous en cachait l’aspect, la grandeur de vos vertus.

Mgr Mansour Labaky

S’étant ainsi rendu le 12 octobre au soir, auprès de Mgr Labaky, Anis l’a trouvé dans de très saintes dispositions. Concernant l’affaire Ferrayé, bien qu’il lui soit quelquefois arrivé, comme à tous, d’adresser à certains hommes politiques, tels que Chirac et Kouchner, gravement impliqués dans l’affaire, des politesses diplomatiques, Mgr Labaky n’a pas tempéré sa détermination d’appuyer de toutes ses forces les efforts entrepris par Joseph pour faire condamner les instances mondiales du Crime Organisé, comprenant les quatre puissances déjà citées, la France, les Etats-Unis, la Suisse et l’Arabie Saoudite, ainsi que leurs complices, au premier rang desquels l’Entité sioniste, dont le rôle pour être ici caché, n’en est pas moins prépondérant. Quelles que fussent par le passé ses opinions politiques, il est clair que la connaissance de l’affaire les aura profondément assainies. Pour le reste, il a témoigné une disponibilité pleine et entière à l’égard de Dieu, se prêtant à tout ce qu’Il voudra faire de sa personne. J’ai cru bon de le prévenir du fait qu’il serait question de lui dans cette lettre et à quel propos : la manière digne et sobre dont, à l’avis d’Anis, il a réagi, sans plus de curiosité que de fausse modestie, porte à croire qu’il ne se fait guère d’illusions ni sur la gravité de la crise qui sévit, ni sur les solutions que prétendent y trouver les uns et les autres.

Pour moi, je suis persuadé que ne pouvant pas abaisser votre choix à quelque faible et timide compromis, votre patience et votre foi ont mis au coeur de Dieu Clément et Miséricordieux, de compenser par un excès de grâces les violents efforts de Satan pour vous faire obstacle. Avec la coopération que vous offre, à présent, à travers l’affaire Ferrayé, Mgr Labaky, vous pourrez surprendre vos ennemis, les Bush et les Sarkozy, depuis les hauteurs, celles de l’Eglise maronite, mais par-delà, celles des Tribunaux célestes, que ces fous, dans leur mégalomanie, croyaient tenir en leur pouvoir, comme si Dieu n’en avait pas pour confondre leur superbe. Qui plus est, c’est oublier quelle Reine Il a placée au-dessus du Liban, Celle qui sous l’inspiration de l’enfant béni qu’elle portait en elle, n’eut avec lui qu’un seul cœur pour crier :     

« Le Puissant fit pour moi des merveilles : saint est son nom. Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leur trône, Il élève les humbles. » (Cantique de la Bienheureuse Vierge Marie, Lc 1 ; 49-52.) 

Nul doute que le choix de Mgr Labaky comme Président de la République ne vous suscite, Monseigneur, sous une forme que ses vertus éclatantes rendront à coup sûr chafouine et souterraine, un regain de haine et d’animosité de la part de vos ennemis, dont il ne faut pas attendre qu’ils ménagent leur peine pour lui faire échec. Aussi, si le choix de cet apôtre vous agrée, aurez-vous à le défendre avec la plus farouche insistance. Car il est inutile d’espérer qu’il se défendra lui-même, lui que son humilité rend insensible à l’attrait du pouvoir, ou qu’aucun autre leader le défendra, qui n’est occupé, comme Hitler, qu’à se pousser lui-même au mépris de Dieu. Toutefois, je ne crois pas que quiconque soit assez insoucieux de sa réputation, pour s’aller couvrir d’opprobre en élevant la voix, publiquement, contre les achèvements si valeureux, si merveilleux de charité de ce serviteur de Dieu, qui ne s’est pas moins immolé au service des Musulmans que de ses propres coreligionnaires. Non ! mais il est certain qu’on trouvera à contester la valeur de ses aptitudes politiques, qu’on allèguera la séparation du religieux et du politique, qu’on manoeuvra en coulisses pour soulever le Pape contre un tel projet, et le plus ironique, c’est qu’on ira jusqu’à douter, au regard de sa vocation pacifique, de sa capacité de commandement en cas de guerre, quand d’ailleurs on n’a pas scrupule de vitupérer les meilleurs de ses soldats, j’entends les Hezbollahi. Du moment donc qu’après un mûr examen, mené dans la prière et la consultation, vous vous serez persuadé, je le répète, sous la seule inspiration du Très-Haut, du bien-fondé de ce choix, alors qu’il soit clair pour vos adversaires qu’en aucun cas vous n’en reviendrez, pour ne trahir point la volonté de Dieu : en ce cas je vous inviterai à nommer Mgr Labaky candidat présidentiel unique du Hezbollah. Tout en vous laissant méditer sur les implications stratégiques d’une pareille décision, qui, je le veux, ne seront pas faciles à gérer, surtout en ce qui touche vos alliés, je vous rappellerai tout de même ce qui fait le sens, et la sainte vigueur, et la prospérité du Parti de Dieu : que jamais il ne s’est reposé sur les hommes avant que de se témoigner qu’il avait fait du Seigneur le seul appui de sa destinée. Ce Seigneur qui nous tient en sa Miséricorde et ne nous manque jamais, que nous ne Lui manquions les premiers, puissions-nous Lui être présents tout entiers en ces heures cruciales de notre histoire !

Enfin, il reste une condition que je vous voudrais proposer d’assortir à l’élection de Mgr Labaky : c’est que son tout premier acte de Président consiste en la célébration d’une messe de consécration de la Résistance au Cœur Immaculé de Marie, de manière à conforter la nation dans l’assurance et d’un qu’elle ne saurait avoir peur d’une force patriotique confiée à la tendresse de notre Mère des Cieux, et de deux qu’il ne lui sera jamais loisible, ni à quiconque, d’attenter à l’honneur de celle-là sans profaner et meurtrir l’innocence de celle-ci. Car si la Victoire Divine était un hommage du Seigneur au Liban, par l’intermédiaire de Marie, le Hezbollah tout entier est un hommage à Dieu du Liban à travers son Cœur Immaculé. Pas plus qu’il n’y a de Liban sans Marie, il n’y en aura sans Hezbollah.

(…)

Avant de refermer cette lettre, il me reste à vous annoncer les démarches engagées par Anis :

Premièrement, il a sollicité, il y a quelques jours, une audience auprès de Son Eminence Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah, en présence de Mgr Mansour Labaky, afin de présenter à son examen le dossier de Joseph Ferrayé et lui demander, s’il se peut, de rendre ensuite une fatwa sur les abus considérables, notamment à l’encontre du peuple irakien, dont les preuves sont versées au dossier.

Deuxièmement, il a prévu de se réunir avec Mgr Mansour Labaky et Sa Béatitude le Cardinal Mar Nasrallah Boutros Sfeir, pour discuter de l’affaire Ferrayé, ainsi que de la candidature éventuelle du premier à l’élection présidentielle.

(…)

J’ajoute qu’à ces deux dignitaires, une copie de la présente sera remise, dans l’espoir qu’ils s’accordent sur l’avantage du projet qu’elle contient. Pour cette fin, je me permettrai de leur faire souvenir, que le Saint Evangile dont il incombe, tant aux Musulmans qu’aux Chrétiens, de préserver les leçons, a fait aux croyants une nécessité immuable de choisir entre Barrabas, le brigand nationaliste, figure prémonitoire du sionisme et du banditisme international, et Jésus-Christ, le Verbe de Dieu : tous ceux qui veulent épargner Barrabas seront condamnés à faire mourir Jésus, tous ceux qui veulent faire libérer Jésus devront faire condamner Barrabas. Tel est l’arrêt irrévocable de la Justice de Dieu.   

Monseigneur, en donnant sa vie pour sa chère Patrie, votre fils Hadi, que Dieu le bénisse, lui a aussi donné son cœur et je me flatte que l’amour immense dont il abondait s’est répandu après sa mort dans une foule de jeunes âmes, au nombre desquelles j’ai la joie de compter. Que  Dieu me garde fidèlement attaché à cet héritage, et fasse que je reste, Monseigneur, de Votre Eminence, le fils aimant et dévoué,

                       Zapatrikos

2 Réponses à “Lettre à Hassan Nasrallah pour l’élection de Mansour Labaky à la Présidence de la République libanaise”

  1. retraite dit :

    merci beaucoup, cet article m’a donné l’information qui me manquait :)

  2. Smithk704 dit :

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